ascétisme


ascétisme

ascétisme [ asetism ] n. m.
• 1818; de ascète
1Mor., théol. Genre de vie religieuse des ascètes, ensemble des pratiques ascétiques. ascèse; austérité, jeûne, macération, mortification, pénitence, privation. « Ils ont conservé l'ascétisme et l'enthousiasme des premiers monastères » (Lamartine).
Doctrine de perfectionnement moral fondée sur la lutte contre les exigences du corps.
2Vie austère, continente, frugale, rigoriste. « L'habitude de l'ascétisme était telle qu'il me fallut d'abord m'efforcer vers la joie » (A. Gide).
⊗ CONTR. Hédonisme; épicurisme, sybaritisme.

ascétisme nom masculin Doctrine morale ou philosophique axée sur l'ascèse. Vie rude et austère, où l'on se prive des plaisirs matériels. ● ascétisme (synonymes) nom masculin Doctrine morale ou philosophique axée sur l' ascèse.
Synonymes :
- stoïcisme
Contraires :
- épicurisme
- hédonisme
- matérialisme
Vie rude et austère, où l'on se prive des plaisirs...
Contraires :

ascétisme
n. m.
d1./d Vie religieuse des ascètes. L'ascétisme chrétien.
d2./d Ascèse (sens 2).
|| Par ext. Vie austère.

⇒ASCÉTISME, subst. masc.
A.— MOR. THÉOL. Ensemble des pratiques ascétiques (mortification, pénitence, prière) qui ont pour but l'union intime avec Dieu :
1. Au commencement, les grands crucifix de Cimabuë, encore sanglans, représentaient la passion et l'ascétisme du moyen-âge sur son calvaire. On dirait que les apôtres, encore frappés de terreur, ont peint eux-mêmes, de leurs mains incultes, les fresques colossales du Xe siècle. Le dessin en est grossier; mais le Dieu nouveau est là. À travers ces traits barbares ressort une grandeur apocalyptique.
QUINET, Italie, 1836, p. 168.
2. Sainte Radegonde, vêtue du voile des diaconesses, fonda le monastère de Sainte-Croix, à Poitiers, où elle vécut plus de cinquante ans dans les pratiques d'un ascétisme rigoureux. Elle observait les jeûnes et les abstinences avec une telle exactitude...
A. FRANCE, L'Orme du mail, 1897, p. 114.
3. La société religieuse est située dans le monde. Elle a une conception générale du monde, des puissances qui le dominent, enfin de sa structure sociale. Détachement par pessimisme radical, par ascétisme cultivé, par amour extatique de Dieu; attachement, dans l'espoir d'une heureuse transformation; acceptation par compromis, par refus d'un principe du mal : tous les contrastes, toutes les nuances!
Traité de sociol., t. 2, 1968, p. 84.
B.— PHILOS. Doctrine morale qui prescrit la libération du corps par la domination des instincts, des plaisirs et des passions en vue de la perfection morale. Anton. épicurisme, hédonisme, sybaritisme; quasi-synon. stoïcisme :
4. Comme le savant ou l'extatique, transporté dans la contemplation à laquelle se suspend sa vie entière, semble un paradoxe physiologique en absorbant toutes les fonctions animales dans l'unité d'une pensée ou d'un sentiment, ainsi n'y a-t-il sentiment, ainsi n'y a-t-il point de limite assignable à la coopération du corps, à sa force de résistance, à sa puissance morale, parce que l'action l'unit et l'élève à l'intarissable fécondité de la raison et de la liberté. La meilleure hygiène n'est pas de soigner le corps par le corps seul; et dans l'ascétisme même, il se rencontre un principe de rajeunissement, de santé et de vigueur. Arcum frangit intentio, corpus remissio.
BLONDEL, L'Action, 1893, p. 186.
Spéc. Ascétisme morbide. Déviation de l'ascétisme consistant soit à refuser l'affrontement du monde et de ses difficultés (inadaptation à la vie sociale) soit à considérer le monde et la vie comme un mal et cherchant dans la souffrance et les mortifications un moyen d'expier. Synon. dolorisme :
5. L'ascétisme maniaque n'exprime pas toujours une réaction violente contre un tempérament excessif ou un goût maladif de la souffrance : celui qui semble se priver ne se prive parfois de rien qui lui plaise; il préfère éviter le tourment, l'agitation, la sociabilité qu'entraînent les plaisirs.
MOUNIER, Traité du caractère, 1946, p. 701.
C.— P. ext.
1. Vie austère, sobre, frugale et saine, visant le plus souvent une fin supérieure :
6. Des journalistes qui se crurent mieux avisés, et qu'avoit trompés je ne sais quel mélange d'ascétisme d'amour et de philanthropie désespérée qui se confondent dans cette bluette, en accusèrent Madame de Krüdener, qui n'étoit pas un homme, et qui commençoit à n'avoir plus de sexe.
NODIER, Jean Sbogar, 1818, p. 80.
7. Il menait une vie rigoureusement chaste. Comme dit cet autre, « la carrière d'amant est une carrière d'oisif et de riche ». La misère de Christophe, sa chasse au pain quotidien, sa sobriété excessive, et sa fièvre de création ne lui laissaient ni le temps, ni le goût de songer au plaisir. Il n'y était pas seulement indifférent; par réaction contre Paris, il s'était jeté dans une sorte d'ascétisme moral. Il avait un besoin passionné de pureté, l'horreur de toute souillure. Ce n'était pas qu'il fût à l'abri des passions. À d'autres moments il y avait été livré. Mais ces passions étaient chastes, même quand il y cédait : car il n'y cherchait pas le plaisir, mais le don absolu...
R. ROLLAND, Jean-Christophe, La Foire sur la place, 1908, p. 797.
8. En êtes-vous à croire encore que l'ascétisme est le signe d'un esprit facile et défaillant, quand il est au contraire la discipline d'une nature joyeuse, virile, martiale, héroïque?
CLAUDEL, GIDE, Correspondance [avec A. Gide], 1899-1926, p. 88.
Rem. Le mot se trouve qqf. empl. dans un cont. péj. pour désigner une vie puritaine affectée.
2. [Empl. pour exprimer le trait dominant d'un art, d'une discipline littér. ou d'une démarche sc.] :
9. Ces objections sont d'autant plus sérieuses que je reconnais tout le premier que la science, pour arriver à ce degré où elle offre à l'âme un aliment religieux et moral, doit s'élever au-dessus du niveau vulgaire, que l'éducation scientifique ordinaire est ici complètement insuffisante, qu'il faut, pour réaliser cet idéal, une vie entière consacrée à l'étude, un ascétisme scientifique de tous les instants et le plus complet renoncement aux plaisirs, aux affaires et aux intérêts de ce monde, que non seulement l'homme ignorant est radicalement incapable de comprendre le premier mot de ce système de vie, mais que même l'immense majorité de ceux qu'on regarde comme instruits et cultivés est dans l'incapacité absolue d'y atteindre.
RENAN, L'Avenir de la sc., 1890, p. 319.
10. L'ascétisme littéraire dont nous parlons est moins rigoureux, la langue moyenne de cette époque, moins mortifiée, moins exclusivement raisonnable qu'on ne le croit.
BREMOND, Hist. littér. du sentiment relig. en France, t. 4, 1920, p. 19.
Rem. 1. D'apr. la docum., 1re attest. 1818 (cf. ex. 6); dér. de ascète, suff. -isme. 2. Ascéticisme, subst. masc., néol. d'aut. Ascétisme mal compris et exagéré s'attachant plus aux pratiques de mortification qu'à l'esprit de l'ascétisme. ,,Les équivoques de « l'ascéticisme », ressentiment morbide contre l'instinct ou complaisance dans un mode excentrique d'exaltation du moi.`` (MOUNIER, Traité du caractère, 1946, p. 132).
PRONONC. :[]. Harrap's 1963 transcrit le mot avec [ss] géminées : as/s/- (cf. aussi LITTRÉ et DG; à ce sujet, cf. ascendance1).
STAT. — Fréq. abs. littér. : Ascétisme. 183. Ascéticisme. 1.
BBG. — Archéol. chrét. 1924. — BACH.-DEZ. 1882. — BASTIN 1970. — BOUYER 1963 (s.v. ascèse). — Foi t. 1 1968. — FOULQ.-ST-JEAN 1962. — FRANCK 1875. — GOBLOT 1920 (s.v. ascète). — LAL. 1968. — MARCEL 1938. — MIQ. 1967 (s.v. ascèse). — Théol. cath. t. 1, 2 1909.

ascétisme [asetism] n. m.
ÉTYM. 1818; de ascète.
1 Mor., théol. Genre de vie religieuse des ascètes, ensemble des pratiques ascétiques. Ascèse (cit. 1), austérité, expiation, flagellation, jeûne, macération, mortification, pénitence, piété, privation. || Un ascétisme rigoureux.
1 Ils ont conservé l'ascétisme et l'enthousiasme des premiers monastères.
Lamartine, in P. Larousse.
2 La perfection étant placée en dehors des conditions ordinaires de la société, la vie évangélique complète ne pouvant être menée que hors du monde, le principe de l'ascétisme et de l'état monacal était posé.
Renan, Vie de Jésus, XIX.
2 Vie austère, faite de privations. Puritanisme, rigorisme. || Son ascétisme est bien connu. || Il est d'un ascétisme exigeant. || Se priver, être frugal, chaste par ascétisme.
3 (…) l'habitude de l'ascétisme était telle, qu'il me fallut d'abord m'efforcer vers la joie et ce n'est pas facilement que je parvenais à sourire.
Gide, Journal, 10 oct. 1893.
3.1 (…) non pas tant pour des raisons d'économie — quoiqu'il n'eût à cette époque que très peu d'argent devant lui, — et encore moins d'ascétisme (…)
Claude Simon, le Vent, p. 44.
Caractère ascétique d'un art, d'une discipline littéraire. || L'ascétisme de l'art clunisien, d'un style.
(En parlant d'une démarche intellectuelle). || L'ascétisme scientifique.
3 Doctrine de perfectionnement moral fondée sur la modération des plaisirs, des exigences de la vie instinctuelle (sans finalité religieuse).
4 L'ascétisme ne nous convient pas plus que le sensualisme.
V. Cousin, in P. Larousse.
5 Deux erreurs sont communément commises sur l'ascèse et l'ascétisme. Étymologiquement et originellement, il ne s'agit ni d'un rigorisme ni encore moins d'une sorte de culte de la souffrance. Il s'agit d'abord de la mise en pratique des lois morales (…)
M. Blondel, in Lalande, Voc. de la philosophie, p. 80.
CONTR. Épicurisme, hédonisme, matérialisme; jouissance, libertinage, sensualité, sybaritisme.

Encyclopédie Universelle. 2012.

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